En compagnie de Maud Linder.

Publié le 12 Février 2015

 En compagnie de Maud Linder.

L’été du cinéma, cinquième partie.

27 juillet 2014 :

Vous connaissez maintenant l'affection béate que j'éprouve pour l’œuvre de Max Linder, la première grande star internationale du cinéma. Max Linder nous a quitté dans de tragiques circonstances à l’automne 1925, alors qu'il avait mon âge. Il décidait de partir, dans une chambre de l'hôtel Baltimore, en même temps que sa jeune épouse. Le couple laissait derrière lui une toute petite fille de seize mois, se prénommant Maud. Et puis le consensus social, préférant dissimuler pudiquement un départ aussi effroyable, a oublié volontairement le couple Linder, et le génie de Max, en même temps que son œuvre. Durant sa jeunesse, on a caché à Maud la vérité, trimbalée violemment qu'elle a été entre sa grand-mère maternelle qu'elle appelait Maman, et sa famille paternelle, qui ne voyait en elle qu'une usurpatrice s'intéressant à la fortune de Max. Maud n'a rencontré son père que vers vingt ans, dans un cinéma versaillais où on projetait un de ses films. Et depuis, elle a passé son existence à partir à la découverte de ce papa qu'elle n'a jamais connu, en face-à-face forcément unilatéral, à travers la magie d'une œuvre cinématographique de première importance.

Max Linder est né en 1883, à Saint Loubés, petit village au nord de la Gironde, de parents vignerons. Commençant sa carrière au théâtre, il a ensuite interprété son premier rôle au cinéma en 1906, pour faire des films jusqu'à sa mort, tout d'abord en France, chez Pathé Frères, jusqu'en 1916, puis chez Essanay à Chicago. Car après qu'il se soit distingué durant la Grande Guerre, il a été approché par les deux fondateurs de cette firme de l'Illinois, Georges K. Spoor -c'est de « Spoor » que provient le « S » de Essanay, prononcé « S and A » en anglais »- et Bronco Bill Anderson -un cow-boy qui s'est réinventé producteur, et à qui on doit le « A » de « S and A »- pour succéder à Charles Chaplin qui venait de rompre son contrat pour rejoindre la Mutual. Charlot lui-même avouait que Max avait été une de ses sources d'inspiration. Et dans ses tous premiers films à la Keystone, il ne porte pas l'attirail de vagabond qui a assuré sa renommée, mais bien un costume de dandy tel que Linder l'arborait.

 En compagnie de Maud Linder.

Déjà, en 1910, Max Linder était une vedette internationale. Deux ans plus tard, lors d'une tournée mondiale, l'armée a du intervenir pour qu'il descende de son train à Moscou. Et à Madrid, suite à un pari, il est descendu dans l'arène pour combattre un taureau lors d'une corrida. Des extraits de cet exploit ont été ensuite utilisés pour son film « Max toréador ». Son succès, il le devait à son charme, son élégance, sa classe, son esprit chevaleresque, mais aussi ses mimiques, ses moues, son intarissable humour, son physique sportif, et sa force athlétique. Pour autant, il aura toujours souffert d’une santé assez fragile.

Des scènes comme celle du miroir dans « sept ans de malheur » sont d'une telle perfection pantomime et humoristique qu'elles ont été reprises par les plus renommés de ses successeurs, jusqu'aux Marx Brothers. D’ailleurs je ne résiste pas, et vous projette la séquence. Max s’y remet d’une soirée passablement arrosée. Se réveillant peu frais, il ne réalise pas que ses domestiques ont cassé son grand miroir, et que l’un d’entre eux, lui ressemblant vaguement, se fait passer pour son reflet.

Je vous laisse visionner ci-dessous la contrefaçon la plus connue de cette séquence, par Groucho Marx. Vous noterez que nous sommes en 1933, que le cinéma est devenu parlant depuis quatre ans… Et qu’en conséquence, la scène originale a perdu de son efficacité. Comme le disait Mary Pickford « il eut été plus logique que le cinéma parlant accouche du cinéma muet, plutôt que l’inverse ».

Max Linder est retourné en France après trois films pour Essanay, pour mieux repartir aux États Unis au début des années 20, où il réalisera trois films majeurs, à l'humour exceptionnel. « L'étroit mousquetaire » reste un des films les plus drôles qu'il m'ait été donné de voir, malgré la qualité limitée des copies qui ont survécu. C'est le premier film où l'anachronisme et ses conséquences drolatiques sont exploités avec autant de facétie burlesque. Linder’tagnan y est dans une forme physique olympique, impressionnant de force, de dextérité, et de pantomime. Le métrage est tout simplement d'une finesse exemplaire, sous des dehors rigolards. Max Linder, qui était devenu très bon ami avec les fondateurs de la United Artists, entre autres Charles Chaplin, Marie Pickford et Douglas Fairbanks, avait emprunté les décors du film de ce dernier pour la réalisation de sa parodie des « trois mousquetaires ». Je vous livre le film, en intégralité, ci-dessous :

Tout ce qui nous est parvenue de Max Linder, on le doit à Maud. Elle a assuré la promotion de l’œuvre de son père, à travers particulièrement deux ouvrages : « Max Linder était mon père » et « Max Linder – les dieux du cinéma muet ». Elle est aussi la réalisatrice de deux films - hommages : « l’homme au chapeau de soie » et « en compagnie de Max Linder ».

Maud est née en 1924. Elle vit à Neuilly, avenue du parc St James, dans la maison où Max et son épouse Ninette Linder auraient du emménager s'ils n'étaient pas partis si subitement.

Et c'est Maud que j'ai eu la chance, et l'honneur, de rencontrer l'été dernier, dans cette maison acquise par son papa. Aussi fou que cela puisse me paraître, je suis allé dans la maison de Max Linder.

La rencontre allait dans la même logique que la dédicace trouvée par hasard dans le bouquin de Mesguich, l’opérateur des frères Lumière, ou bien celle que m’a si gentiment faite Madeleine Malthète-Méliès en première page de la biographie qu’elle a écrite sur son grand-père (*). Je suis l'heureux propriétaire des deux livres précités écrits par Maud Linder. Et en travaillant sur une leçon de cinéma français pour l'école FLAM portant sur Max Linder, je suis tombé sur le site internet de l'institut Max Linder, fondé par Maud. Et son adresse e-mail directe y était disponible. Prenant mon courage à deux mains, je lui ai écris, pour lui faire part de mon admiration pour l’œuvre de son père, qu'elle s'attache tant à préserver. Dans le même message, je lui demandais s'il était envisageable qu'elle me dédicace ses deux merveilleux livres. Je n'ai pas eu de réponse. Un peu déçu, je me suis dis qu’elle devait avoir bien d’autres chats à fouetter qu’à répondre à un illuminé vivant à l’autre bout de la Terre.

 En compagnie de Maud Linder.

Et puis, quelques mois plus tard, une de ses collaboratrices, Muriel Cazel, est revenue vers moi, m'indiquant que l'adresse e-mail à laquelle j'avais écris n'était plus consultée que rarement, et qu'elle venait de découvrir mon message, un peu par hasard. Ce retour tardif n'a fait que me combler de bonheur, tant je n'y croyais plus. Et Muriel me confirmait que la dédicace des livres ne posait aucun problème. Sans vouloir paraître insistant, mais partant du principe que qui ne tente rien n’a rien, je lui ai demandé s'il était possible que je les apporte moi-même à Maud Linder, afin qu'elle me les signe et que je puisse, même extrêmement brièvement, l'en remercier de vive voix. Et cette fois, ce n'est pas Muriel qui m'a répondu, mais Maud Linder directement ! Quand j'ai lu ce message, j'ai du m'asseoir bien au fond de mon siège. J'ai cru m'évanouir. Maud Linder était prête à me rencontrer :

« Bonjour Christophe Pavillon,

Muriel Cazel m’a transmis votre demande et, avant même de vous répondre favorablement, je tiens à vous dire combien je suis touchée de votre attachement à l’œuvre de Max Linder, ainsi que de votre implication auprès de cette jeunesse qui malheureusement ne peut qu’ignorer cette époque lointaine.

D’ores et déjà, je vous affirme que je serais heureuse de vous recevoir cet été et pouvoir ainsi parler ensemble de cette époque glorieuse du cinéma français et international. A cette occasion je vous dédicacerais bien volontiers les ouvrages que vous avez acquis.

Très cordialement.

Maud Linder. »

En même temps que j’écris, je ne puis m'empêcher de repenser à cette rencontre avec une émotion intense. Pour de nombreux cinéphiles, le cinéma commence avec Al Jolson –auteur du premier film officiellement parlant « le chanteur de Jazz » en 1929-. Comme si avant, le septième art n’avait pas existé. Il suffit pourtant de voir quelques films muets bien sélectionnés pour se rendre contact du manichéisme absurde de cette logique-là. Les films d’action étaient tout aussi intenses avec Douglas Fairbanks qu’ils le sont dorénavant avec Tom Cruise. Et les comédies étaient bien plus amusantes au temps du muet qu’elles ne le seront jamais. Nous ne rirons plus jamais comme au temps jadis, pour une raison simple, qui tient à la façon dont on faisait les films durant l’âge d’or. Les films de maintenant sont exempts de spontanéité. Les scénarios n’étaient pas des descriptifs complets et précis, mais rédigés sur un coin de table et ne constituaient que ce qu’on appelle dorénavant un « pitch », à savoir un bref résumé de l’histoire en quelques phrases. La narration véritable, elle commençait sur le plateau. Et c’était encore plus vrai pour les comédies, où des génies comme Buster Keaton ou Harold Lloyd s’entouraient d’une équipe de gagmen payés aussi chers que le réalisateur, et qui bouillonnaient d’idées plus ou moins improvisées sur l’instant, donnant tout son charme fougueux aux comédies d’antan.

Avant cette période miraculeuse, il y a eu des précurseurs. Et le pionnier le plus accompli reste Max Linder, dont la réputation charmeuse et comique avait franchi toutes les frontières, il y a maintenant un peu plus d’un siècle. J’allais rencontrer sa fille.

 En compagnie de Maud Linder.

Caili et moi-même nous étions d'abord rendus le matin à un rendez-vous chez un client potentiel de Onesource. Nous avions ensuite pris le métro pour Neuilly, et après que j'ai repéré l'avenue du parc St James –où se trouve la maison Linder-, nous avions mangé à nouveau dans un piètre « restaurant chinois ». Après une promenade digestive qui nous avait permis d'attendre l'heure de notre rendez-vous dans un square à proximité -le parc St James de l'avenue du même nom-, nous avions rejoint la maison de Maud Linder. Depuis le repas déjà, je me tordais les mains, la moue contrite, comme un étudiant dans l'attente du passage d'un examen. Mettez-vous à ma place, j'allais rencontrer Maud Linder, une des figures du cinéma français qui m'impressionne au plus haut point, fille de Max Linder, cinéaste pour lequel mon admiration est sans borne. Et au-delà de la promotion paternelle, elle a travaillé avec Sacha Guitry, a fort bien connu Abel Gance, qui lui-même était un très bon ami de son papa, et a affronté Henri Langlois, le fondateur de la cinémathèque française. Pour les cinéophytes –joli néologisme-, Henri Langlois est la toute première personnalité qui, sans avoir jamais participé à la production d'un seul film, a néanmoins reçu un oscar pour son apport à la préservation de quantités de films qui, sans lui, auraient sombré dans l'oubli.

Pour rentrer avenue du parc St James, il faut composer un code à l'entrée de l'allée. Muriel Cazel me l'avait communiqué. Le portillon s'est refermé derrière nous. Notre rendez-vous était à quatorze heures, soit dans cinq minutes. Nous avons longé les bâtisses les unes après les autres, à la recherche de la maison de Maud Linder. Passant devant une à une, je me demandais bien quelle bâtisse était celle qui aurait du accueillir M. et Mme Max Linder. Je me disais que lui-même, pour superviser les travaux, avait du traverser de nombreuses fois, il y a certes quatre-vingt-dix ans, cette allée. Après une minute, nous avons atteint la maison, décodable de loin à son numéro aisément visible. Un homme mat en livrée, comme nos domestiques d'antan, semblait prendre l'air au portail de la maison, mangeant un agrume. Poliment, je lui ai adressé la parole :

« - Excusez-moi Monsieur. Est-ce la maison de Madame Maud Linder ?

- Oui.

- Je suis Christophe Pavillon. J'ai rendez-vous avec Maud Linder à quatorze heures » entonnais-je le menton haut, en bombant le torse, pas peu fier de l’invitation dont j’étais honoré.

« - Suivez-moi. »

Nous avons avancé sur le bref chemin, et sommes rentrés dans la maison de Maud, qui aurait du, avant leur départ, être celle de ses parents. Max Linder, lui aussi, était passé par cette porte, et de fort nombreuses fois, même si la maison n’a pas été terminée de son vivant.

 En compagnie de Maud Linder.

Je ne savais à quoi m'attendre, et étais de toute façon épris d'une excitation tellement angoissée que je laissais les secondes se dérouler sans réflexion véritable, ni appréciation de ce qui m’arrivait. Par ailleurs, Caili m'accompagnait, candide, sans comprendre vraiment la cause de mon émoi –pourtant perceptible de manière flagrante-, et j'avais peur qu'un comportement culturel inapproprié de sa part me mette encore plus mal à l'aise que je ne l'étais déjà.

Des carreaux d'échiquier blancs et noirs se déroulaient sur le sol de l'entrée. Accolé au miroir mural, une gigantesque affiche originale d'un film de Max Linder alors qu'il travaillait chez Pathé Frères, avant la première guerre, trônait sous verre. Pour les collectionneurs, sans être rarissimes, ces affiches ne sont pas très faciles à trouver, et en conséquence, elles sont assez prisées. Me concernant, c’était la toute première fois de ma vie que je voyais une authentique affiche d’époque d’un film de Max Linder. S’agissant d’une production Pathé, l’affiche remontait à avant la première guerre mondiale. Sans que je ne l’ai bien évidemment mesurée, il m’a semblé que les dimensions de celle-ci étaient les mêmes qu’une de nos affiches de film contemporaines, à savoir un mètre vingt par un mètre soixante. Même si c’est le cas depuis de nombreuses décennies, je ne sais pas si à l’époque on pouvait parler déjà de « format standard ».

 En compagnie de Maud Linder.

Au fond de ce hall d’entrée, un escalier boisé s’enroulait au mur, montant à l'étage.

Lové dans la cage de celui-ci se trouvait un ascenseur individuel.

« - Attendez ici. » nous demanda l'homme en nous indiquant la porte menant à une grande pièce. Pour y accéder, il fallait passer par une petite antichambre. A l'intérieur de la longue pièce, un petit bureau siégeait dans un coin. Et au centre, une table permettait à six personnes de s'asseoir. Contre un des murs, un sous-verre de petit format protégeait l'affiche du  « feu sacré », un des films de Max Linder, avec Jane Renouart. Sur le dessus d'un meuble reposait un vieux projecteur de cinéma en cuivre, datant d'avant la Grande Guerre. Je me suis même demandé, sans trop savoir, s'il ne s'agissait pas d'une lanterne magique. Au pied du petit bureau, un cadre contenait quelques photos noir et blanc, principalement extraites du tournage de « l'étroit mousquetaire ». Par peur d'être impolis, Caili et moi-même sommes restés debout, sans oser jeter un œil autour. Moi, j’étais au garde-à-vous !

Quelques instants plus tard, une femme ample, les cheveux poivre et sel ramassés en chignon, le regard vif, au fort aura, est rentrée et s'est présentée. Il s'agissait de Muriel Cazel, avec qui j'avais échangé par mail depuis quelques mois. Je l'ai chaleureusement remerciée, de manière certainement un peu trop obséquieuse tant j'étais impressionné d'être là. Elle en a presque rougi.

« - Maud Linder se repose à l'étage. » m’annonça-t-elle. « Elle descendra un peu plus tard et dédicacera vos livres avec plaisir. En attendant si vous avez des questions sur Max Linder, vous pouvez me les poser, et en discuter plus en avant plus tard avec Maud. » Joignant le geste à la parole, elle nous a indiqué la table pour que Caili et moi-même nous asseyons. Puis elle s'est installée en face, joignant les mains dans l’attente des mes interrogations.

 En compagnie de Maud Linder.

Des questions sur Max Linder, j’en avais trop pour qu’un annuaire puisse les recenser. En fait, ma soif de compréhension de son œuvre est telle qu’il faudrait, en pure logique, faire table rase de toutes mes connaissances en la matière, et tout réapprendre depuis le début. Au-delà de l’absurde énormité de la tâche, l’autre problème, c’est que dans l’embarras, certes futile, que constituait cette rencontre, la liste des interrogations principales me venait difficilement. Muriel m’a fait comprendre à demi-mot qu’évoquer devant Maud la disparition de ses parents n’était pas une bonne idée. Malgré que Maud ait fêté ses 90 ans tout juste un mois auparavant, le souvenir d’une enfance très difficile, du fait d’un père qui l’a abandonnée dans le trépas, tout en la privant de sa mère, est aussi vif qu’une plaie salée. Par ailleurs la famille Leuvielle, parents et frères et sœurs de Max ont dilapidé le magot de l’artiste en mettant en doute la filiation de Max et Maud. Elle a été brinqueballée, dans une violence psychologique où il ne lui aurait plus manqué que la précarité financière pour vivre une enfance à la Dickens. Dieu merci, pour cela, sa grand-mère maternelle avait de l’argent… Mais sa famille paternelle vivait sabotée dans sa paysannerie vigneronne. Bref, le sujet, de par la souffrance occasionnée, restait à fleur de peau. J’ai immédiatement rassuré Muriel sur ce point : ce qui m’intéresse, ce n’est pas la façon dont Max Linder est parti, mais bel et bien ce qu’il nous a laissé. Je suis cinéphile, pas nécrophile.

Nous avons commencé à discuter. Et petit plaisir d’admirateur, quand Muriel a évoqué le dernier film de Max Linder, et que je lui ai répondu qu’il s’agissait du « roi du cirque », elle s’est retournée vers Caili avec un petit sourire, lui précisant « votre époux est incollable on dirait… ». Il n’y avait aucune ironie facile dans le ton, mais je pense une très gentille façon de me mettre à l’aise et de reconnaître tant mon enthousiasme que ma palpable gêne. J’en ai presque bafouillé. « Le Roi du cirque » est le dernier long métrage de Linder. Le film est sorti quelques mois seulement avant sa disparition. Et alors que de nombreux films de l’auteur sont disponibles en DVD, voire même en Bluray, celui-ci reste, à ma connaissance, introuvable. J’ai donc posé la question à Muriel, qui m’a expliqué l’avoir vu, en séance privée. Car il y a une raison légale inhérente à l’impossibilité de trouver le film. Celui-ci est une coréalisation entre Max Linder et Edouard Emile Violet. Or les œuvres cinématographiques tombent dans le domaine public 70 ans après le décès de l’auteur. Max Linder nous a quitté en 1925, il y a bientôt 90 ans… Mais E.E. Violet est décédé en 1955, et sa famille semble faire obstacle à une sortie du film, pour une raison que l’émotion ne m’a pas permis d’appréhender. Muriel me confirmera ce dont j’avais entendu parlé ou lu, à savoir que le film s’ouvre sur une mémorable scène d’ivresse dont Max Linder avait le secret, avec des gags renouvelés par rapport aux déjà copieuses scènes d’ivresse que l’on pouvait avoir vu dans les comédies muettes. De ce film je n’ai vu que des photos, et lu quelques textes, principalement d’époque, comme ce document rare que j’ai acheté sur Internet à un vendeur argentin, et qui semble être un dossier de presse de l’époque, en espagnol donc, du fait de sa provenance. Je le conserve jalousement, à l’abri de la lumière, au sein de ma maigre collection d’artefacts cinématographiques du temps jadis.

 En compagnie de Maud Linder.

Au su du délai pour tomber dans le domaine public, je devrais pouvoir enfin découvrir « le Roi du cirque » dans très exactement dix ans ! Une raison de plus pour s’entretenir et rester en bonne forme. Souriant de ma remarque, Muriel se lèvera et ouvrira la porte d’un cabinet en bois, celui au sommet duquel repose le vieux projecteur largement centenaire. Je devine quelques coffrets DVD de Max Linder rangés dans les étagères, le même que celui dont je dispose en bluray. Muriel extirpe un long listing Excel en rouleau d’une étagère. Elle chausse ses lunettes, je me lève pour la rejoindre, et nous étudions le document alors qu’elle le déroule avec concentration sur la table. Caili suit, dubitative, nos allers et venues. C’est la base de données complète de tous les films –connus- de Max Linder, et qui ont été retrouvés partout à travers le monde, avec leur localisation géographique. Muriel cherche du regard, et tombe sur une ligne indiquant un titre dans la langue de Goethe. Il s’agit d’une version allemande du « Roi du cirque », détenue par un collectionneur privé. Gentiment, elle me confirme que si je le souhaite, elle peut me donner les coordonnées du teuton cinéphile, afin que je prenne contact, en espérant qu’il acceptera, si je me déplace en Allemagne, me projeter le film en séance privée !... Idiot à coup sûr, bafouillant d’inertie, je n’ai pas sauté sur l’occasion… Et me vois donc dans l’obligation d’attendre dix ans.

J’ai ensuite demandé ce qu’il était advenu de la maison familiale des Leuvielle, à Saint Loubès, car Max Linder était un nom de scène. Linder s’appelait en fait Gabriel Leuvielle. Muriel m’a expliqué que la demeure avait changé de mains, et n’appartenait plus à la famille qui, après le décès de Max, a fait main basse sur sa fortune, au détriment de Maud, pour mieux dilapider cet argent. Muriel a pu voir la maison, depuis la haie extérieure. Elle n’a pas osé rentrer et demander à visiter. Le comparatif serait intéressant à faire, ne serait-ce que depuis l’extérieur de la bâtisse. Car Max Linder y avait tourné un film, quand il était sous contrat chez Pathé : « Max en convalescence ». Au tout début du métrage, Max Linder descend d’un train à la petite gare de Saint Loubès. Sa sœur vient le chercher en calèche. Le véhicule trotte sur une route, puis arrive dans une maison bourgeoise du bordelais. Les parents de Max l’accueillent à la porte, et le reste du métrage est une farce avec tout un déroulé de gags dans la propriété familiale. Or, les comédiens qui interprètent la sœur et les parents de Max Linder sont bel et bien sa véritable sœur et ses vrais parents. Et le tournage a eu lieu dans la maison de famille. Muriel m’écoute, stoïque. Je la sens stupéfaite de réaliser que je connais ce film plus que centenaire, pour ainsi dire plan par plan, alors que ce n’est pas une œuvre majeure de son auteur. Je ne m’arrête pas là, et lui dis, candide, qu’il serait amusant de retrouver les lieux de tournage –Saint Loubés n’a pas du changer tant que ça en un siècle-, et de voir l’évolution. Et en conséquence, un passage dans la demeure Leuvielle s’imposerait. Je ne suis jamais allé à Saint Loubés. Je m’étais posé la question il y a deux ans, lors d’un passage dans le bordelais. Mais étant avec Caili et Angelo, et ayant favorisé le train plutôt que la voiture, il n’était pas très confortable d’envisager un détour pour un pèlerinage n’intéressant que moi. Mais cela m’aurait permis aussi d’aller me recueillir sur la tombe de Max Linder, puisqu’il y est inhumé. Vous allez croire que c’est une obsession après la visite du caveau Méliès – Génin au Père Lachaise.

 En compagnie de Maud Linder.

Après une heure de discussion, Muriel m’interrompt poliment, et se lève à nouveau « attendez-moi, je vais réveiller Maud Linder pour qu’elle nous rejoigne ». Intérieurement, je palpite. Sa phrase, qui se voulait être juste un descriptif logique de la suite des évènements, sonne pour moi comme une sentence solennelle. Elle s’excuse et s’absente. Nous attendons cinq minutes, dix minutes… Moi, je reste debout, tantôt les mains dans les poches, tantôt les bras croisés, je traverse la pièce de long en large. J’ouvre mon sac et sors les ouvrages que Maud a écrits, et qu’elle a accepté de me dédicacer. Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé en tout. Peut-être un quart d’heure. Depuis la salle où nous sommes, par la porte grande ouverte, nous voyons l’antichambre, et l’autre porte, latérale, qui se jette dans l’entrée, face à l’escalier, et l’ascenseur, hors de vue. Quelqu’un se rapproche. Le laps d’attente m’a permis de reprendre conscience, et cette conversation avec Muriel a été, pour l’indécrottable admirateur de Linder que je suis, tellement fascinante que je jubile intérieurement à l’idée d’en apprendre plus de la bouche de Maud Linder. J’entends l’ascenseur. Il s’arrête. Muriel peste contre quelqu’un. Je devine que c’est Maud. Muriel pénètre dans l’antichambre, et demande à Maud de se réveiller et de se hâter. Nous ne voyons toujours pas Maud Linder, qui semble s’extraire délicatement de l’ascenseur. Puis elle apparait, et c’est pour moi une secousse. Je m’attendais à un choc immersif, cinématographique, et c’est plutôt un choc de tendresse, en voyant cette personne âgée de 90 ans rentrer dans l’antichambre, encore vive, même si visiblement elle se désenglue difficilement des bras de Morphée. Je la salue un peu maladroitement, prépare une chaise pour qu’elle puisse s’asseoir. Muriel l’y aide. Puis elle lui rappelle qui je suis, à savoir « tu sais bien, Monsieur Pavillon, qui nous vient de Chine, et qui est un amoureux de Max Linder ». Maud m’étudie silencieusement, et avec un large sourire ironique, s’adresse à moi « Max Linder ? Connais pas ! C’est qui ? ». Puis son large sourire sincère reprend irrémédiablement le dessus.

Caili est estomaquée. Elle me connait dur en affaires, responsable et décisionnaire, fougueux, souvent dictatorial, et avec une capacité à être peu impressionné par mon entourage dès lors qu’une démarche rationnelle s’impose. Et depuis quelques semaines que je lui parlais de notre future rencontre avec Maud Linder, elle me voyait me tordre les doigts en me mordant les lèvres tout en regardant le bout de mes chaussures… Alors qu’il ne s’agit-là que d’une gentille vieille dame de 90 printemps. Et pourtant, je n’en mène pas large. Pour le coup, c’est moi qui attendris Caili. Il est presque ridicule, le « chef d’entreprise ».

Je commence par remercier Maud Linder d’avoir bien voulu me recevoir, lui fais part de toute mon admiration quant au sacerdoce de sa vie, à savoir assurer la promotion de l’œuvre de son papa. Elle m’écoute, souriante, et me répond que dans son malheur, elle a bien eu de la chance : « mon père a bien été le pire des pères, puisqu’il m’a abandonné en partant avec ma mère. Mais ce en quoi j’ai vraiment de la chance, c’est qu’il était le plus merveilleux des cinéastes ». C’est dire à quel point, dès le début, nous sommes tombés d’accord sur l’essentiel.

Je glisse face à elle les deux livres qu’elle a écrits, le premier sur son enfance –durant laquelle elle s’est retrouvée tiraillée par ses familles paternelle et maternelle-, et le deuxième sur la vie de son papa, en lui demandant « Maud, je serai très heureux si vous vouliez bien me dédicacer vos livres. ». Maud Linder prend un peu de recul sur sa chaise, et tout en me regardant faussement de haut, elle ironise : « ça, Monsieur, ça va vous coûter beaucoup plus cher. ». J’en suis interloqué, et tellement penaud que j’étais presque sur le point de le prendre au premier degré et de sortir mon portefeuille ! A son âge, Maud ne voit plus très bien, et Muriel lui inscrit mon nom en lettres majuscules sur papier libre pour qu’elle puisse le recopier sur ses deux ouvrages. Alors, tout en papotant avec moi, elle me signe deux gentilles dédicaces « à Christophe Pavillon, en toute amitié – Maud Linder ».

 En compagnie de Maud Linder.

Alors qu’elle émarge les livres, nous discutons de l’œuvre de son père. Et je commence par une interrogation liée à une remarque lue récemment, qui m’étonne, et que j’avais évoquée lors de mon précédent passage à Paris avec Anne-Marie Quévrain, l’arrière-petite fille de Georges Méliès. En effet, je ne sais plus où très précisément, mais j’ai lu que Max Linder avait son premier film dans un film de Méliès. Maud et Muriel, un peu surpris par ma question, me répondent négativement. Linder a commencé chez Charles Pathé, et pas à la Star Films de Méliès.

En fait, pour aller jusqu’au bout de l’anecdote, j’ai retrouvé quelque mois plus tard où j’avais lu cette information. C’est dans le merveilleux coffret bluray de Max Linder paru aux Editions Montparnasse. Des grands noms du cinéma font un petit laïus introductif au sein d’un livret qui accompagne les galettes cyan. Parmi ces sommités, il y a un petit texte de Costa-Gavras qui, au-delà d’être le président de la Cinémathèque Française, est un des plus grands cinéastes de sa génération. Et c’est lui qui précise, sans sourciller, que Linder a commencé à faire du cinéma chez Méliès. En fait il y a du avoir confusion dans son esprit entre Max Linder et André Deed. Deed était une vedette comique du muet d’avant première guerre mondiale aussi, et c’est en effet à l’affiche d’un film de Méliès qu’il a démarré sa carrière. J’en suis à remettre en cause la culture cinématographique de Costa-Gavras sur l’œuvre de Linder et Méliès… Quelle arrogance.

Nous avons ensuite reparlé du « Roi du cirque ». Maud nous expliquait que, nonobstant ses 90 ans, elle bataillait avec les détenteurs des droits pour réussir à ressortir le film, qui n’avait plus eu l’honneur des écrans des salles obscures depuis 1925. Son rêve, c’était de voir le film au cinéma de son vivant. Je croise les doigts jusqu’à la crampe pour qu’elle y arrive. Moi, c’est bien simple, j’ai déjà acheté mon billet.

 En compagnie de Maud Linder.

Elle nous faisait part aussi de sa déception face, tant à l’administration, qu’aux cercles cinéphiles, artistiques, et culturels français, qui capitalisaient peu et valorisaient encore moins une incommensurable richesse apportée par ceux qui ont été les principaux acteurs des débuts du cinéma. Le cinéma est une invention française, et s’en partageait la maîtrise avec l’Angleterre durant les premières années de son existence. Max Linder était déjà une superstar internationale depuis quelques années, qu’Hollywood était encore une orangeraie. Nous avons oublié tout cela, alors que nos racines historiques et créatives, pour ce qui concerne le septième art, elles sont là, et elles sont très importantes. Je ne peux qu’applaudir, et acquiescer. Sans vouloir polémiquer, même si je trouve que l’action de la Cinémathèque Française est la plus formidable qui soit, je trouve dommage qu’elle préconise une exposition Tim Burton ou un cycle Buster Keaton, sans passer par la promotion de l’œuvre de gens comme Max Linder. Certes il y a une question économique, et il est aussi nécessaire de proposer au public des thématiques qu’il connait. Mais l’un, à mon sens, ne devrait pas empêcher l’autre. Heureusement qu’il y a des gens comme Maud Linder, ou bien comme la famille Méliès, pour tenter de faire rayonner l’apport de leurs aïeux.

Notre conversation nous a mené jusqu’à la toute fin de carrière de Max Linder. Car lorsqu’il nous a quitté, il préparait un film avec René Clair (**), connu sous deux titres de travail : « le chevalier Barkas » et « Barkas-le-fol ». Maud devait d’ailleurs, du haut de ses 16 mois, y avoir un petit rôle. A ma connaissance, le film n’a jamais été tourné. Pourtant il existe des photos de préparation… Qui ressemblent très fortement à des clichés de tournage. Aussi ai-je posé la question directement à Maud : « est-ce que le tournage de Barkas avait commencé ? ». Et j’ai eu droit à une réponse souriante « je ne sais pas, Monsieur. La photo faisait partie des archives de mon père… Pour autant, rien ne prouve que le tournage ait démarré. ».

Un peu perplexe, j’ai continué à dérouler ma liste d’interrogations « qu’en est-il du nombre total de films que Max Linder avait réalisé ? On parle d’un film par jour pendant les quelques années où il a travaillé chez Pathé… Cela doit en faire des centaines ! Alors, combien ? »… Et j’ai eu droit au même sourire, et à la même réponse, de la part pourtant de la plus haute autorité sur la question : « je ne sais pas, Monsieur. ». Tourner un film par jour ne veut pas dire en tourner un tous les jours. Et en discutant plus en avant avec Muriel et Maud, il semblerait que les recoupements permettent d’assurer qu’autour de deux cent films ont été réalisés par Max Linder. Sur ce total, on en a retrouvé à peu près 120. Et plus le temps passe, sachant que la pellicule est périssable, moins on a de chance de faire de nouvelles découvertes… Mais ça peut encore arriver. Il y a certainement des trésors non-visionnés dans les cinémathèques ou les collections privées à travers le monde. Il suffit de se référer à l’histoire tumultueuse d’un film comme « Metropolis » pour s’en assurer. Ce film allemand de Fritz Lang était sorti originellement en 1927, a été tronqué, et on n’a jamais retrouvé sa version complète de trois heures. Les scènes manquantes de « Metropolis », c’était le Saint Graal des cinéphiles et des historiens. Et finalement, en 2008, on a remis la main, un peu par hasard, sur une copie complète en 16 mm de la version originale, dans une collection privée, à Buenos Aires. Il aura fallu 81 ans pour revoir « Metropolis » tel qu’il avait été conçu lors de sa sortie… Alors on peut toujours espérer tomber sur de nouveaux films de Max Linder…

Maud Linder était le bon ami d’Abel Gance, connu, je pense, même des néophytes, pour être le metteur en scène de « Napoléon », une fresque historique titanesque sortie elle aussi en 1927. Gance reste un réalisateur emblématique du cinéma européen muet. La séquence d’ouverture de son « Napoléon » met en scène une bataille de boules de neige alors que Bonaparte est enfant. La scène montre les talents stratégiques et guerriers innés du futur empereur. Et ce qui est fascinant, c’est qu’elle est filmée comme une scène de guerre, alors qu’il ne s’agit que de boules de neige ! Cette séquence d’ouverture est une des deux plus grandes scènes de guerre jamais filmées à mon goût, la deuxième étant la première demi-heure de « il faut sauver le Soldat Ryan » de Steven Spielberg.

 En compagnie de Maud Linder.

Maud se souvient bien d’Abel Gance, qu’elle m’a décrit comme étant une personne d’une tristesse toute aussi extrême que son talent. Etonnement, cela recoupait assez bien l’image que je m’étais faite du personnage. Gance était un artiste, et méritait à son époque une gratitude équivalente, d’un point de vue purement technique et narratif, à celle d’un Kubrick, ou d’un Herzog. C’est à mon sens, à cette famille de metteurs en scène –pour peu qu’une quelconque classification soit cohérente- qu’il appartiendrait plus volontiers. Mais la reconnaissance du public, il ne l’obtiendra pour ainsi dire jamais, malgré que, même de son vivant, son talent était reconnu par ses pairs. D’où son enfermement dans une tristesse réelle, conséquence de l’incompréhension du public. Maud Linder m’en a parlé avec une tristesse idoine, comme si elle-même avait vécu, par procuration, la frustration de voir Abel Gance ne pas recevoir les hommages qu’il méritait. Pour autant, même si c’est posthume, son œuvre est maintenant irrémédiablement incluse au Panthéon des impératifs cinématographiques.

L’autre personnalité que nous avons longuement évoqué, c’est Sacha Guitry. Maud Linder l’a aussi très bien connu, sans que cela ait de rapport direct avec son père. La première fois qu’elle l’a croisé, elle était fort jeune, et se promenait avec sa grand-mère maternelle, qu’elle appelait Maman. Elle a eu le coup de foudre immédiat pour Guitry, dramaturge incomparable, et dont l’aura ne faisait pas crever que l’écran : il rayonnait naturellement, malgré une dureté et une intransigeance extrêmes.

Plongé avec une gourmandise passionnée dans l’histoire du cinéma que me faisait partager Maud Linder, telle qu’elle l’avait vécue, je n’ai pas vu le temps passer. Pour autant nous avons passé une bonne heure à discuter. Muriel nous a gentiment rappelés à l’ordre, ayant d’autres obligations par ailleurs. Caili et moi-même avons remercié Maud comme Muriel d’avoir pris sur leur temps pour accueillir un fan illuminé vivant en Chine. J’ai salué largement Maud, lui souhaitant le meilleur pour l’avenir, et Muriel nous a agréablement raccompagnés à l’entrée de la maison Linder. Un dernier salut, et nous avons descendu l’avenue du parc St James pour nous jeter dans la vie de Neuilly, et reprendre le métro… Moi, dans la foule de mes contemporains, j’ai du mal à reprendre mes esprits. Quelque part, je suis encore dans un film de Max Linder, et j’entends encore la voix de sa fille retentir.

Pour autant, avant de rentrer à Tours, nous avons un ultime rendez-vous, avec Christophe Kourotchkine, comédien de grand talent, et que j’ai longuement présenté au préalable. J’avais d’ailleurs précisé dans le précédent article que celui-ci serait le dernier sur l’été du cinéma… Désolé, j’avais menti : vous allez encore en subir un !

 En compagnie de Maud Linder.

(*) voir les précédents articles sur « l’été du cinéma ».

(**) René Clair est un fantastique réalisateur français, oublié du public, mais pas des cinéphiles. Son film « le million » qui doit remonter à 1931, deux ans seulement après l’invention officielle du cinéma parlant, est une comédie musicale à l’humour d’une légèreté éprise de bien-être. René Clair, c’était un peu notre Franck Capra, et la plupart de ses œuvres, qu’elles soient à redécouvrir ou bien  à voir pour la première fois, constituent de bien agréables moments de détente. Avec quelqu’un comme Max Linder, le cocktail aurait été exceptionnel.

 

PS : pour les amateurs de cinéma muet, ou pour les curieux de la culture, quelques jours avant notre rencontre, Maud Linder donnait l'interview ci-dessous pour la WebTV Etoiles du Coeur :

Rédigé par Christophe Pavillon

Publié dans #ma bobine et mes toiles.

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Commenter cet article

Djemaa 16/01/2016 10:12

Bravo pour cet article ! Je suis journaliste et auteur d'un livre sur Max Linder. Vous pouvez me contacter directement au 06 24 82 61 74. Sinon sur facebook: Pascal Djemaa.

Christophe Pavillon 16/01/2016 22:54

Bonjour Pascal, nous avons été en contact à la même époque. Je suis l'heureux propriétaire de votre livre Max Linder - Du rire au drame, et je vous avais demandé à l'époque de me le dédicacer. C'était en fait avant que je ne le reçoive... Et quand je l'ai reçu le fait est qu'il avait déjà été signé de votre main à l'attention du précédent propriétaire ! Je vous rajoute sur FB avec plaisir. Amicalement. Christophe.